De Santiago Wanderers à l’île Robinson Crusoe en passant par un club malgache dirigé par un présumé baron de la drogue, le football regorge d’histoires insolites. Un nouveau livre de Paul Watson compile 20 récits aussi fous qu’inattendus, venus des quatre coins du globe. Plongez dans ces destins footballistiques qui défient l’entendement.
Quand le football s’invite sur les îles les plus reculées
En 2024, Santiago Wanderers a tiré au sort un match de la Copa Chile face à une équipe de l’île Robinson Crusoe, à 400 miles des côtes chiliennes. Sans liaison commerciale possible, les visiteurs ont embarqué à bord du navire militaire chilien Aquiles pour affronter une formation locale composée de pêcheurs de homards. Malgré leur manque de préparation, les insulaires ont tenu en échec les professionnels avant de s’incliner d’un but (2-1).
En 2009, l’île de Pâques (Rapa Nui) avait déjà accueilli Colo-Colo, champion du Chili. Les joueurs locaux avaient ouvert le match par une danse guerrière polynésienne, sous les regards des imposants Moai. Résultat final : 4-0 pour les visiteurs.
Autre aventure maritime, celle des îles estoniennes de Saaremaa et Hiiumaa. En 2013, pour éviter de céder leur avantage géographique, les deux clubs ont disputé leur derby sur un ferry reliant leurs territoires. Un terrain en gazon synthétique de cinq joueurs a été installé sur le pont inférieur. Hiiumaa s’est imposé 4-1, malgré l’avantage théorique de Saaremaa, club évoluant en première division estonienne.
Des clubs et des destins hors norme
Le club malien Al Hilal a marqué l’histoire en remportant trois championnats dans trois pays différents en deux saisons. Après avoir fui la guerre civile au Soudan, le club a d’abord évolué en Mauritanie, où il a terminé en tête du classement 2024-25, avant de repartir au Soudan puis au Rwanda pour la saison suivante. Une odyssée inédite qui s’est conclure par un titre surprise en Ligue des champions">Manchester United : Lisandro Martinez s'enflamme après la défaite">après la défaite en Ligue des Champions">en Ligue rwandaise.
En 2021, le milieu de terrain paraguayen Sebastian Marset a rejoint Deportivo Capiata au volant d’une Lamborghini. Accusé d’être l’un des plus grands trafiquants de cocaïne au monde, il a rapidement imposé sa présence dans l’effectif, payant ses coéquipiers pour obtenir une place de titulaire. Malgré son arrestation en 2026, il a pu évoluer sous son vrai nom en professionnel, réalisant son rêve d’enfant.
Autre cas unique, celui de Sueca United en Espagne. Créé par l’acteur Pau Codina, ce club a enchaîné 300 défaites consécutives en 11 saisons, encaissant plus de 4 000 buts. En septembre 2023, la Fédération valencienne a fini par l’exclure après un 40-0 infligé dès les deux premiers matchs. Une performance si médiocre qu’elle en devenait suspecte.
Altitude, rivalités et traditions décalées
À plus de 14 000 pieds d’altitude, l’Estadio Daniel Alcides Carrión de Cerro de Pasco, au Pérou, est le stade le plus haut du monde. Dans les années 1980-2000, l’équipe locale, Union Minas, a dominé le football péruvien grâce à cette altitude écrasante. Les adversaires, souvent incapables de respirer normalement, devaient parfois s’appuyer sur des bouteilles d’oxygène en mi-temps. Le club a brièvement mené le championnat en 1998 avant de décliner avec la fermeture des mines locales.
À Malte, Valletta FC cultive une tradition provocatrice : après chaque titre de champion, ses supporters organisent un enterrement symbolique de leurs rivaux, portant des cercueils aux couleurs des clubs battus. Une pratique qui a pris une saveur particulière en 2024, année de leur première relégation de leur histoire.
En Andorre, les supporters de UE Santa Coloma célèbrent leur dernière rencontre à domicile en se déguisant en écureuils. Une tradition aussi originale que décalée, inspirée par la faune locale. L’équipe, surnommée Esquirols (les écureuils), compte sur ce folklore pour intimider ses adversaires… ou faire rire les plus distraits.
Autre anecdote surprenante, celle de Thievy Bifouma. En 2024, le Congolais a signé à Esteghlal Khuzestan en Iran, motivé par un seul objectif : affronter Cristiano Ronaldo en Ligue des champions asiatique. Le problème ? Il s’est trompé de club : Esteghlal Khuzestan n’est pas l’équipe de Ronaldo, mais une formation basée à plus de 600 km au sud. Son compatriote Gael Kakuta, évoluant à l’autre Esteghlal (à Téhéran), lui a confirmé l’erreur dès son arrivée. Giroud, 40 ans sonnés mais toujours décisif avec Lille.
Football et prison : l’histoire insolite de HMP Prescoed
Au Pays de Galles, l’équipe de football de la prison HMP Prescoed est un cas unique. Composée de détenus, elle évolue en Gwent Central League, mais avec des contraintes strictes : interdiction de se déplacer pour les matchs à l’extérieur. Résultat, chaque déplacement se solde par une défaite par forfait (5-0) et une pénalité de trois points. Malgré cela, le club a terminé la saison dernière avec cinq victoires et un nul, mais à -5 points au classement.
Autre histoire liée à l’enfermement, celle de l’équipe de St Helena, territoire britannique isolé dans l’Atlantique Sud. En 2020, Crystal Rangers a subi deux défaites cinglantes (36-0 et 30-0) faute d’avoir pu aligner plus de huit joueurs. Plusieurs membres de l’équipe avaient dû quitter le terrain en urgence pour embarquer à bord de canots de sauvetage avant le coup d’envoi, suite à une alerte en mer.
Enfin, l’équipe de Ceuta, ville espagnole en Afrique du Nord, a connu des difficultés logistiques inédites après sa montée en Segunda Division en 2025. Sans aéroport, les clubs visiteurs doivent emprunter un ferry depuis Algeciras. Pour éviter tout imprévu, le FC Barcelone a même affrété trois hélicoptères pour transporter son effectif lors d’un match de Coupe du Roi en 2023. Good Good Golf quitte le titre d’un tournoi PGA après une pub controversée.
Ces récits prouvent que le football, bien au-delà du sport, est aussi une source inépuisable d’histoires humaines, parfois tragiques, souvent hilarantes, mais toujours surprenantes.




