Breaking
Football

Pourquoi les ailiers gauches de classe mondiale sont-ils si rares

Pourquoi les ailiers gauches de classe mondiale sont-ils si rares
Écouter cet article

Les ailiers gauches de classe mondiale sont bien plus rares que leurs homologues droitiers. Selon les données de Transfermarkt, les dix meilleurs ailiers droitiers valent ensemble 200 millions de livres sterling de plus que les dix meilleurs ailiers gauches. Pourtant, les deux postes devraient théoriquement être équivalents.

Seulement 10 à 25 % des footballeurs sont gauchers, selon les estimations. La majorité des attaquants, même gauchers, jouent donc sur le côté droit pour couper vers leur pied fort. Eden Hazard, Neymar ou encore Florian Wirtz, tous droitiers, ont ainsi évolué au centre ou à droite plutôt qu’à gauche. Les gauchers, moins nombreux, se retrouvent souvent cantonnés au côté droit, où leur pied fort leur permet de se distinguer.

Cette spécialisation précoce limite leur développement. Un gaucher jouant à droite toute sa jeunesse peut manquer de polyvalence, contrairement à un droitier ayant occupé plusieurs positions offensives. De plus, les attentes envers les gauchers – souvent perçus comme plus créatifs – renforcent cette tendance. Les clubs privilégient aussi les profils comme Martin Odegaard ou Ryan Gauld, considérés comme des pépites rares, plutôt que des ailiers gauches traditionnels.

Le manque de latéraux gauches de haut niveau aggrave la situation. Les latéraux droitiers sont plus nombreux, car les joueurs gauchers sont rares dans les académies. Même lorsqu’un latéral gauche gaucher existe, il est souvent moins à l’aise défensivement. Les clubs anglais, par exemple, ont vu se succéder Kyle Walker, Kieran Trippier ou Trent Alexander-Arnold à droite, tandis que la gauche était occupée par des profils moins offensifs comme Luke Shaw ou Ben Chilwell.

Les évolutions tactiques ont aussi réduit le rôle des latéraux offensifs. Les équipes privilégient désormais des latéraux inversés ou des défenseurs centraux plus physiques. Les ailiers gauches, comme Khvicha Kvaratskhelia ou Bradley Barcola, bénéficient rarement d’un soutien offensif à gauche, contrairement à leurs homologues droitiers. Vinicius Junior, Sadio Mané ou Kingsley Coman ont brillé grâce à des latéraux gauches de qualité, comme Ferland Mendy ou Andrew Robertson.

La pénurie d’ailiers gauches de classe mondiale se reflète dans les transferts. Paris Saint-Germain valorise Barcola à plus de 100 millions d’euros, tandis qu’Arsenal se passe de remplaçant à Vinicius Junior. Nico Williams ou Kenan Yildiz pourraient atteindre des montants à neuf chiffres en raison de leur rareté. Même des profils comme Bukayo Saka ou Alphonso Davies, souvent repositionnés en latéraux, illustrent cette tendance.

Pourtant, des exceptions confirment la règle. Des duos comme Ronaldinho-Carlos ou Thierry Henry-Ashley Cole montrent que l’association entre un ailier gauche et un latéral gauche peut être décisive. Mais aujourd’hui, les latéraux gauches offensifs se font de plus en plus rares, laissant les ailiers gauches sans soutien. Le football doit-il évoluer pour produire davantage de superstars gauchères ?

Publicité

À lire aussi

Installer l’applicationAccès rapide, mode hors-ligne
🇫🇷FR✓🇬🇧EN🇪🇸ES