Roberto De Zerbi, l’entraîneur de Tottenham, a connu un début de saison 2025-26 particulièrement compliqué avec les Spurs. Après une défaite 1-0 à Sunderland lors de son premier match à la tête de l’équipe, il a trouvé ses joueurs « allongés sur le dos, certains en larmes » dans le vestiaire. Sept matchs plus tard, le club a finalement assuré son maintien en Premier League, mais dans des conditions difficiles.
Quatre mois après ce vestiaire brisé, l’ambiance a radicalement changé. Lors de leur stage de pré-saison à Sydney, près du Harbour Bridge et de l’Opéra House, les joueurs de De Zerbi s’entraînent dans une atmosphère détendue, avec un barista privé et des matchs de ping-pong. Le club a enregistré des recrutements records, comme Sandro Tonali pour 100 millions de livres sterling ou Mateus Fernandes pour 85 millions, symbolisant une volonté de reconstruction.
Une reconstruction ambitieuse
Tottenham a opéré une refonte complète de son effectif et de sa direction. Le nouveau directeur général Vinai Venkatesham, soutenu par le directeur technique Johan Lange, a mené une politique de recrutement agressive. Parmi les nouveaux arrivées figurent aussi Jan Paul van Hecke, Andrew Robertson et Martin Dubravka. Marcos Senesi, absent pour la tournée en raison de sa participation à la finale de la Coupe du monde, est désormais de retour à l’entraînement.
De Zerbi assume pleinement son rôle dans le mercato : « Quand je veux un joueur, je deviens comme un requin. » Il a notamment convaincu le père de Mateus Fernandes de lui confier son fils, promettant de jouer le rôle de « second père ». Les négociations pour Tonali ont été menées directement par l’entraîneur, qui lui a envoyé un message après le maintien obtenu face à Everton avant de le rencontrer chez lui en Italie.
Un club en quête de stabilité
Le club a également enregistré des départs, comme celui de Luka Vuskovic pour Brighton contre 45 millions de livres sterling. Les futurs de Lucas Bergvall et Djed Spence restent incertains. De Zerbi défend une gestion financière responsable, soulignant que les grands clubs comme Chelsea, Arsenal ou Liverpool ont agi de même ces dernières années. Il évoque aussi le refus de signer Joao Palhinha, non par manque de qualité, mais en raison d’un désaccord sur le package financier.
Pour redonner confiance à son équipe, De Zerbi a instauré des règles strictes. Après le match contre Sunderland, il a organisé une réunion sans les joueurs et menacé d’exclure immédiatement toute personne exprimant une pensée négative. Il a aussi organisé un dîner à Mayfair pour renforcer la cohésion, malgré un résultat final mitigé. « Je pense qu’ils se considéraient pires que ce que les autres pensaient d’eux », confie-t-il, tout en estimant que la guérison prendra du temps.
Un projet sur le long terme
Le club a bénéficié de l’injection de 100 millions de livres sterling par la famille Lewis en juin, une somme qualifiée de « désespérément nécessaire ». De Zerbi insiste sur la nécessité de construire un projet sur cinq saisons, en équilibrant ventes et achats. Il évoque même l’arrivée prochaine d’une « bombe offensive », avec des négociations en cours pour deux attaquants, dont Savinho de Manchester City : de la peur à la révolte, comment les supporters vivent l'incertitude">Manchester City face aux sanctions avant le PSG : Nasri défend ses titres">Manchester City. L’objectif ? Redonner à Tottenham les moyens de rivaliser avec les meilleurs clubs anglais et européens.
Après une saison 2024-25 terminée à la 17e place malgré une victoire en Ligue Europa sous Ange Postecoglou, le club mise sur une nouvelle dynamique. De Zerbi, qui aurait pu continuer à entraîner en Championship, mise désormais sur une équipe renouvelée pour retrouver les sommets du football anglais. Comme le montrent les performances récentes d’autres clubs, la reconstruction passe aussi par une gestion rigoureuse et des choix audacieux.




