Breaking
Football

Chelsea déchaîné : ce que veut vraiment Xabi Alonso ?

Chelsea déchaîné : ce que veut vraiment Xabi Alonso ?
Écouter cet article

Ce qu'il faut retenir
  • Depuis le début de la saison, Chelsea semble avoir trouvé une formule magique.
  • Avec seulement 36,3 % de possession (2ᵉ plus faible de la ligue), Chelsea se distingue par une approche radicale.
  • Pourtant, Chelsea, avec leur approche minimaliste en possession, se classe en tête des statistiques de buts attendus, de tirs tentés et de touches dans la surface.
  • Une chose est sûre : sous Xabi Alonso, Chelsea a déjà redéfini les attentes.

Depuis le début de la saison, Chelsea semble avoir trouvé une formule magique. En seulement trois rencontres, les Blues occupent la quatrième place au classement de la Premier League, derrière Arsenal, Manchester City et Hull City. Ils partagent même la tête du championnat à la marque, avec un bilan de deux victoires et une défaite. À ce rythme, ils pourraient accumuler jusqu’à 76 points, un total suffisant pour viser le podium lors des trois dernières saisons. Pourtant, leur parcours est d’autant plus impressionnant qu’il s’est déroulé sur un calendrier particulièrement exigeant : un déplacement à Fulham, un match à domicile contre Brighton, et une Manchester United : Lisandro Martinez s'enflamme après la défaite">après la défaite en Ligue des Champions">défaite en déplacement face à Arsenal, considéré comme le plus dur de la saison. Selon les classements Opta, seul Coventry City a affronté une programmation encore plus difficile.

 

Cette performance fulgurante s’explique en partie par des recrutements estivaux judicieux, comme l’arrivée de Morgan Rogers, dont les performances semblent déjà convaincantes. Les retours de Reece James et l’éclosion de João Pedro en attaquant de haut niveau ont aussi contribué à cette dynamique explosive. Leur trio offensif, déjà redouté, semble enfin retrouver sa pleine puissance.

Après une saison 2022-2023 terminée à la 10ᵉ place et marquée par le turnover de trois managers successifs, Chelsea semble enfin retrouver une stabilité sous la direction de Xabi Alonso. Depuis l’arrivée des nouveaux propriétaires, Todd Boehly et Clearlake Capital, le club traversait une période de turbulence. Aujourd’hui, malgré des résultats prometteurs, une question persiste : cette réussite cache-t-elle un jeu aussi chaotique qu’inattendu ?

Un style de jeu sans précédent en Premier League

Sur le papier, Chelsea brille par son attaque. En trois matchs, ils ont inscrit huit buts (ex æquo en tête du championnat), généré 5,56 buts attendus hors-pénalty (5ᵉ), tenté 48 tirs (6ᵉ) et accumulé 93 touches dans la surface adverse (7ᵉ). Ces chiffres sont encore plus remarquables si l’on considère que près d’un tiers de leur temps de jeu a été passé à l’extérieur, face à l’un des meilleurs défenses de la ligue : celle d’Arsenal, qui n’a concédé que 0,93 but attendu en trois rencontres (seul Manchester City fait mieux).

Pour illustrer l’ampleur de cette performance, Liverpool, pourtant sur un calendrier plus clément, et dont l’effectif repose sur des joueurs spécialisés dans le jeu offensif, a généré moins de buts attendus et moins de touches dans la surface que Chelsea en trois matchs. Une anomalie statistique qui interroge : comment un club aussi peu possessif peut-il dominer ainsi ?

Avec seulement 36,3 % de possession (2ᵉ plus faible de la ligue), Chelsea se distingue par une approche radicale. Même en ajustant les statistiques pour ne considérer que la possession dans le tiers offensif – ce que l’on appelle le field tilt –, ils ne montent qu’à la 17ᵉ place sur 20 équipes. Une performance qui, sur le papier, devrait être désastreuse, mais qui, en réalité, s’avère redoutablement efficace.

Un paradoxe footballistique : peu de possession, beaucoup de buts

La possession du ballon n’est pas une fin en soi. Les meilleures équipes du monde combinent souvent possession et création de chances, tout en limitant celles de l’adversaire. Traditionnellement, cela passe par un field tilt élevé : garder le ballon dans la moitié offensive pour multiplier les opportunités et priver l’adversaire de temps et d’espace pour construire.

Depuis la saison 2009-2010, seulement 58 équipes en Premier League ont affiché un field tilt inférieur à 40 % lors de leurs trois premiers matchs. Pourtant, Chelsea, avec leur approche minimaliste en possession, se classe en tête des statistiques de buts attendus, de tirs tentés et de touches dans la surface. Un phénomène inédit qui soulève une question : comment expliquer ce succès malgré un jeu aussi peu conventionnel ?

La réponse réside peut-être dans la capacité des Blues à exploiter les rares occasions où ils récupèrent le ballon. Leur efficacité en contre-attaque, leur pression haute et leur capacité à surprendre les défenses adverses avec des transitions rapides pourraient expliquer cette domination statistique. Mais une chose est sûre : sous Xabi Alonso, Chelsea a adopté un style de jeu aussi disruptif qu’efficace, brouillant les codes d’une ligue où la possession est souvent synonyme de réussite.

Un modèle à suivre ou un leurre ?

Reste à savoir si cette stratégie peut être pérennisée. Les trois premiers matchs ne suffisent pas à tracer une tendance, mais ils révèlent une équipe en pleine mutation. Le défi pour Alonso sera de maintenir cette efficacité tout en évitant les excès tactiques qui pourraient saper la cohésion collective. Une chose est certaine : avec ce genre de résultats, Chelsea a déjà prouvé qu’il était capable de surprendre.

Pourtant, l’histoire du football regorge d’équipes qui ont brillé par leur efficacité avant de s’effondrer sous le poids de leurs contradictions. La question qui se pose désormais est simple : cette saison 2023-2024 marquera-t-elle le début d’une nouvelle ère pour Chelsea, ou simplement un feu de paille dans un championnat où les attentes sont plus que jamais élevées ?

Une chose est sûre : sous Xabi Alonso, Chelsea a déjà redéfini les attentes. Reste à voir si ce modèle, aussi surprenant qu’il soit, pourra résister à l’épreuve du temps.

Pour en savoir plus sur les transferts qui ont marqué ce début de saison, découvrez comment Robert Sánchez a quitté Chelsea pour Como en prêt, ou encore pourquoi Liverpool traque-t-il un milieu de terrain qui aurait pu rejoindre Chelsea. Enfin, si vous vous demandez si les Blues ont manqué une opportunité en milieu de terrain cette saison, consultez cet article : Chelsea a-t-il manqué une perle en milieu de terrain ?

Publicité

À lire aussi

Installer l’applicationAccès rapide, mode hors-ligne
🇫🇷FR🇬🇧EN✓🇪🇸ESauto