Ce qu'il faut retenir
- L’Association belge de football (RBFA) maintient sa demande d’explications sur la décision de la Fifa ayant autorisé le joueur à jouer pour les États-Unis lors du dernier seizième de finale contre la Belgique, malgré une suspension d’un match pour un carton rouge.
- Cette demande a été formalisée lors d’une réunion du Conseil de la Fifa prévue le 15 octobre.
- Mais au-delà des explications techniques, cette affaire a des répercussions politiques : la RBFA a annoncé qu’elle ne soutiendrait pas la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la Fifa.
- Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, a confirmé cette semaine sa candidature pour un nouveau mandat en mars.
Alors que les débats autour de la Coupe du Monde 2022 s’estompent, une affaire continue de diviser : celle de Folarin Balogun. L’Association belge de football (RBFA) maintient sa demande d’explications sur la décision de la Fifa ayant autorisé le joueur à jouer pour les États-Unis lors du dernier seizième de finale contre la Belgique, malgré une suspension d’un match pour un carton rouge. Cette décision, jugée hautement inhabituelle, a suscité une vague de critiques internationales.
Tout a commencé lors d’un match où Balogun avait écopé d’un direct rouge. Normalement, cela aurait dû entraîner une exclusion d’un match, mais la Fifa a décidé de suspendre cette sanction pour une durée d’un an. Une décision qui a choqué, d’autant plus que des informations ont révélé que le président américain Donald Trump et des responsables de la Maison-Blanche avaient interpellé la Fifa dans cette affaire. L’Union des associations européennes de football (Uefa) et la RBFA ont été parmi les premières à remettre en cause cette résolution.
Un cas qui relance les tensions autour de la transparence
La RBFA a officiellement demandé à la Fifa de fournir une « justification claire des décisions prises » ainsi que des détails sur la manière dont de telles situations pourraient être gérées à l’avenir. Cette demande a été formalisée lors d’une réunion du Conseil de la Fifa prévue le 15 octobre. Mais au-delà des explications techniques, cette affaire a des répercussions politiques : la RBFA a annoncé qu’elle ne soutiendrait pas la candidature de Gianni Infantino pour un nouveau mandat à la présidence de la Fifa.
Pascale van Damme, présidente de la RBFA, a insisté sur la nécessité de « transparence et de clarté » pour tous les acteurs du football. Elle a souligné que « nos questions restent sans réponse deux mois après les événements », tout en réaffirmant l’engagement de la fédération belge en faveur de « gouvernance solide et de processus clairs ». Une position partagée avec l’Uefa et les autres confédérations, qui prônent une décision-making plus transparente pour préserver l’intégrité du football.
Balogun, qui avait marqué trois buts avant ce match, a débuté la rencontre contre la Belgique, que son équipe a finalement remportée 4-1. Les Diables Rouges, eux, ont été éliminés en quart de finale par l’Espagne.
Une décision floue et des conséquences politiques
La Fifa n’a jamais vraiment expliqué sa décision, se contentant de citer l’article 27 de son code disciplinaire, qui permet de suspendre partiellement ou totalement une mesure disciplinaire. Pourtant, cette affaire n’est pas isolée : Balogun n’est que le deuxième joueur de l’histoire de la Coupe du Monde à échapper à une suspension après un carton rouge, après Garrincha en 1962.
Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, a confirmé cette semaine sa candidature pour un nouveau mandat en mars. Pourtant, son autorité est aujourd’hui mise à mal, notamment en Ligue des champions">Manchester United : Lisandro Martinez s'enflamme après la défaite">Manchester United sous pression après la défaite en Ligue des champions">après la révélation d’un projet abandonné visant à vendre des parts dans les compétitions de la Fifa, y compris la Coupe du Monde, à des fonds d’investissement privés. La RBFA s’est jointe aux voix critiques contre Infantino, citant explicitement deux raisons : le cas Balogun et ce projet controversé, baptisé Fifa Forward Enterprise.
Avec cette affaire, la fédération belge de football envoie un message clair : la transparence et la légitimité de la Fifa passent avant toute autre considération, et les décisions arbitraires ne seront plus tolérées sans explications satisfaisantes.




