Liverpool a surpris certains observateurs en recrutant Andoni Iraola plutôt que Xabi Alonso, pourtant longtemps pressenti pour succéder à Jürgen Klopp. Le technicien basque s’est imposé comme une option inattendue après l’échec des discussions avec l’ancien milieu de terrain de Liverpool, parti finalement à Chelsea.
Sur le terrain, Iraola correspond parfaitement au profil recherché par les Reds : un spécialiste du pressing haut, caractéristique du jeu développé à Liverpool ces dix dernières années. Mais c’est surtout en dehors des pelouses que son choix prend tout son sens. Le Basque n’a pas rejoint un club comme un autre : il a opté pour une équipe au sein de laquelle il pouvait s’inscrire dans une identité collective forte.
Andoni Iraola a passé la quasi-totalité de sa carrière à l’Athletic Club, un club emblématique dont la politique de recrutement repose exclusivement sur des joueurs d’origine basque ou formés dans la région. À Bilbao, les supporters de San Mamés s’impliquent activement dans des causes sociales et politiques, bien au-delà du football. Une dimension que l’entraîneur a retrouvée lors de son passage à Rayo Vallecano, un club engagé aux côtés des mouvements anti-fascistes, anti-racistes et pro-droits des travailleurs. En 2014, le club et ses supporters avaient notamment soutenu une octogénaire expulsée de son logement en affichant des banderoles lors d’un match.
Une identité collective qui parle à Iraola
Lors d’un entretien avec FourFourTwo en 2024, Iraola a reconnu l’importance d’un projet collectif pour guider ses choix professionnels. « J’ai pratiquement été un joueur d’un seul club : j’ai passé 16 ans à l’Athletic Club, et je pense qu’à Bilbao comme à Vallecano, le sentiment d’appartenance est essentiel », a-t-il expliqué. « En fin de compte, je demande toujours à mes joueurs de penser d’abord au collectif, même si je comprends que chacun souhaite réaliser des choses dans sa carrière. Si nous travaillons ensemble, je serai un meilleur entraîneur, ils seront de meilleurs joueurs, et même ceux qui jouent moins de minutes en ressortiront valorisés, car ceux qui jouent davantage brilleront davantage. Il faut privilégier l’équipe, et l’équipe passe avant tout. »
Cette philosophie, selon lui, a toujours été au cœur de l’expérience de Bournemouth, son précédent club. Une approche qui résonne particulièrement avec l’histoire de Liverpool, où l’idée d’un football collectif et solidaire a été portée par des figures comme Bill Shankly. « Le socialisme que je crois, c’est que chacun travaille pour les autres et partage les récompenses. C’est ainsi que je vois le football, et c’est ainsi que je vois la vie », avait-il déclaré. Bien que le contexte politique et social ait évolué depuis, l’identité des Reds reste marquée par cette dimension collective, bien plus ancrée que dans d’autres clubs anglais.
Liverpool, un club où l’identité compte plus que tout
Le choix d’Iraola s’inscrit dans une logique où l’adhésion à une philosophie partagée prime sur les autres considérations. « Ce n’est pas une question de politique, mais de passion pour un projet », a-t-il précisé lors de l’entretien. À Liverpool, cette identité collective a été renforcée sous l’ère Klopp, où le pressing et la solidarité d’équipe ont permis de remporter plusieurs titres, dont la en Ligue des champions">Manchester United : Lisandro Martinez s'enflamme après la défaite">Manchester United sous pression après la défaite en Ligue des champions">Ligue des champions en 2019. Une culture que le club a su préserver, malgré les changements de personnel.
Contrairement à d’autres formations anglaises où le jeu intense peut parfois diviser les supporters, Liverpool a su fédérer autour d’un projet commun. L’expression « Scouse not English » illustre cette singularité, où l’appartenance à la ville et à ses valeurs dépasse les clivages traditionnels. Pour Iraola, cette cohésion a été un argument décisif, bien plus que les performances individuelles ou les rumeurs de recrutement.
Son arrivée à Anfield marque donc une nouvelle étape dans une carrière où le choix des clubs n’a jamais été guidé par la simple ambition sportive, mais par l’adéquation avec une vision du football et de la société. Une approche qui pourrait bien redéfinir son parcours en Premier League, où Liverpool reste un acteur majeur malgré une saison 2023-2024 en demi-teinte.
Pour en savoir plus sur les ambitions de Liverpool cette saison, consultez les pronostics des experts de la BBC pour la Premier League 2026-2027, qui placent les Reds parmi les favoris. Par ailleurs, le club a récemment officialisé son nouvel entraîneur, une décision qui suscite déjà l’intérêt des observateurs.




