Georgi Kinkladze débarquait à Manchester City : de la peur à la révolte, comment les supporters vivent l'incertitude">Manchester City face aux sanctions avant le PSG : Nasri défend ses titres">Manchester City à l’été 1995. Le milieu offensif géorgien, alors l’un des jeunes talents les plus prometteurs d’Europe, venait tout juste de quitter le Dinamo Tbilisi. Son arrivée coïncidait avec l’émergence de la Premier League, qui commençait à attirer les meilleurs joueurs du continent. City avait même réussi à devancer l’AC Milan, une machine de guerre de l’époque, pour s’attacher ses services. Le Géorgien revient sur ce choix décisif en évoquant son parcours à Maine Road.
“Il y avait de l’intérêt de la part de clubs italiens, mais Francis Lee [le président de City] était très déterminé”, confie Kinkladze à FourFourTwo en revenant sur son transfert de 1995. “Il est venu me voir en personne et m’a convaincu que City était un club où je pourrais être la star. Je ne connaissais presque rien en Ligue des champions">de Manchester, mais j’aimais l’idée d’un nouveau défi en Angleterre.” Le milieu offensif géorgien s’est rapidement imposé comme un chouchou des supporters de City, malgré un environnement totalement inconnu.
Les premières semaines ont révélé un football anglais radicalement différent de tout ce qu’il avait connu. “Dès mon arrivée, j’ai compris que le jeu était beaucoup plus rapide et direct”, explique-t-il. “Le climat et la nourriture étaient difficiles à supporter, mais les supporters m’ont tout de suite adopté. Dès mon premier jour à Maine Road, ils m’ont traité comme l’un des leurs. Cette connexion a été immédiate.” Alan Ball, alors entraîneur de City, avait passé la saison précédente à Southampton où il avait construit son équipe autour de Matt Le Tissier, lui intimant de “donner simplement le ballon à Le Tissier”. Kinkladze a-t-il bénéficié du même traitement ?
Alan Ball, le mentor qui a façonné son style
“Alan Ball a joué un rôle clé dans mon évolution”, poursuit Kinkladze. “Il adorait les joueurs techniques et voulait que l’équipe joue avec du flair, même si nous galérions au classement. Les années 90 étaient une époque particulière, et parfois, on me ciblait délibérément. Si tu essayais de dribbler, on te taclait sans hésiter. Vinnie Jones et le Wimbledon Crazy Gang en étaient les spécialistes.” Ball, ancien international anglais, dirigeait donc City à ce moment-là.
“Mais j’avais grandi dans les rues de Tbilisi, alors je savais comment esquiver un tacle. Je me disais toujours que si on ne pouvait pas m’attraper, on ne pouvait pas me frapper.” Une philosophie qui a permis au Géorgien de s’imposer malgré un jeu parfois brutal. Les débuts en Premier League ont aussi marqué l’arrivée de nombreux talents étrangers, dont Kinkladze a été témoin privilégié.
La Premier League des années 90, un terrain de jeu pour les créatifs
“C’était le début de quelque chose de nouveau”, se souvient-il. “Voir Gianfranco Zola, Dennis Bergkamp ou Juninho débarquer en Premier League était passionnant. On avait l’impression que la ligue s’ouvrait enfin aux joueurs créatifs. La réputation du long ball anglais commençait à changer.” Le Géorgien, devenu une figure incontournable de Maine Road, a ainsi contribué à redéfinir l’image d’un championnat en pleine mutation.
Quarante ans après ses débuts, Kinkladze reste reconnaissant envers Francis Lee pour avoir cru en lui et envers les supporters de City pour leur accueil. Son parcours illustre une époque charnière, où la Premier League passait du statut de ligue locale à celui de destination pour les plus grands talents européens.




