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Fifa : Infantino sous pression après une vente controversée de droits

Fifa : Infantino sous pression après une vente controversée de droits
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Gianni Infantino, président de la Fifa depuis 2016, était jusqu’à mardi dernier dans une position intouchable à la tête du football mondial. Mais la révélation de sa tentative de vendre des parts de compétitions Fifa à des fonds d’investissement privés, sans en informer les autres dirigeants, a bouleversé la donne.

 

L’Union des associations européennes de football (UEFA), principale détractrice d’Infantino, a brandi sa menace la plus forte jeudi : un boycott de toutes les compétitions Fifa, dont la Coupe du monde. L’instance européenne estime désormais tenir sa meilleure chance de le faire démissionner. Cette position a été renforcée par l’appel de la Concacaf, la confédération avec laquelle Infantino a étroitement collaboré pour organiser la Coupe du monde 2026, à une « revue complète » de la direction de la Fifa. Même l’Asian Football Confederation (AFC), où Infantino comptait des alliés, lui a tourné le dos.

Deux de ses plus proches collaborateurs, l’ancien conseiller principal Carlos Cordeiro et le directeur des opérations Kevin Lamour, l’ont également abandonné. Après un recul partiel samedi matin, l’UEFA a porté un nouveau coup dur en déclarant avoir « perdu confiance » en lui. La voie la plus rapide pour son départ serait une démission à la suisse, comme celle de son prédécesseur Sepp Blatter en 2015.

Infantino conserve toutefois des soutiens et pourrait tenter de tenir jusqu’en mars 2025, date de son échéance pour un quatrième et dernier mandat. Le Conseil de la Fifa pourrait tenter de le forcer à partir lors d’une réunion d’urgence, si 19 des 37 membres du Conseil la demandent. L’UEFA dispose de 9 voix, l’AFC de 7 et la Concacaf de 5. Cependant, des doutes persistent sur la possibilité d’atteindre ce seuil.

Si la majorité est réunie, le Conseil pourrait exiger sa démission sous deux semaines, mais Infantino pourrait refuser. Une autre option serait de convoquer un congrès extraordinaire des 211 associations membres, si 43 d’entre elles le demandent par écrit. L’UEFA, forte de 55 nations, pourrait déclencher ce processus en deux à trois mois, mais sans garantie de succès. Il faudrait alors 106 voix pour voter une motion de défiance, un seuil difficile à atteindre.

Parmi les candidats pressentis, Victor Montagliani, président de la Concacaf, apparaît comme le plus probable. Élu en 2016 sur la promesse de réformes de gouvernance, il a joué un rôle clé dans l’organisation de la Coupe du monde 2026 et maîtrise plusieurs langues. Sheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, président de l’AFC, est une autre option, bien que moins probable. Il a critiqué la gestion d’Infantino et dispose d’un bloc de 46 voix. Nasser Al-Khelaifi, président du Paris Saint-Germain et président du groupe des clubs européens, pourrait aussi se présenter, mais son soutien qatari à Infantino complique sa candidature.

Infantino tente de regagner du terrain en ralliant progressivement des associations à sa cause. Le Maroc, co-organisateur de la Coupe du monde 2030, et l’Égypte ont déjà exprimé leur soutien après l’abandon de son plan. Le président Fifa espère ainsi réduire les chances d’une motion de défiance, dont le vote n’est prévu qu’en mars. Pour l’UEFA, la clé réside dans le maintien des critiques internationales, mais aussi dans une éventuelle réaction des sponsors, comme lors du scandale de 2015 où plusieurs entreprises avaient rompu leurs partenariats.

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