Hull City a écrit l’un des plus grands paradoxes de la Premier League en s’imposant 1-0 à Coventry ce samedi, grâce à un but tardif de Liam Millar (82e). Une deuxième victoire en deux matchs qui propulse les Tigers en tête du classement, à la surprise générale. « Pour dire qu’on est la pire équipe de l’histoire de la Premier League, ce n’est pas si mal comme début », a lancé Ollie McBurnie, l’attaquant écossais, sous forme de clin d’œil à ses détracteurs.
Après avoir étrillé en Ligue des champions">Manchester United : Lisandro Martinez s'enflamme après la défaite">Manchester United (3-1) lors de la première journée, Hull a offert une copie bien plus réaliste à Coventry. Une performance collective solide, portée par un duo défensif impressionnant : Semi Ajayi, colosse au milieu de la défense, a muselé les Sky Blues. À ses côtés, Nobel Mendy et Lucas Gourna-Douath ont dominé physiquement leurs adversaires. McBurnie, lui, a été une épine dans le pied des locaux avant de laisser place à Millar, dont le but a scellé le sort de la rencontre. « On ne se sent obligés de prouver quoi que ce soit à personne. Personne ne nous a donné la Premier League, on l’a tous méritée », a-t-il martelé. « On est là à la loyale, on la mérite. On n’a rien à prouver. C’est un excellent départ. »
Un exploit historique, mais un objectif clair : survivre
Hull devient seulement la quatrième équipe promue à enchaîner deux victoires en ouverture de saison depuis neuf ans. La dernière à réaliser cet exploit ? Huddersfield en 2017-18, qui avait finalement sauvé sa peau de justesse. Une statistique qui donne des frissons aux Tigers : en 2016-17, eux aussi promus, ils avaient remporté leurs deux premiers matchs avant de finir relégués. Wolves (2012) et West Brom (2018) avaient connu le même sort. « Ce n’est pas le moment de s’emballer, mais les fans chantent déjà “On va gagner le championnat” », a glissé McBurnie, pragmatique.
Pour Sergej Jakirovic, l’entraîneur, l’enjeu est désormais clair : éviter le scénario de 2017. Après leur victoire en barrages face à Middlesbrough, les pronostics les donnaient déjà comme favoris pour la descente. Aujourd’hui, ils trustent la deuxième place du classement. « La Premier League, on l’a tous méritée. On est là à la loyale », a répété McBurnie, comme pour ancrer cette idée dans les esprits. Pourtant, le chemin s’annonce semé d’embûches : seulement trois équipes ont réussi à éviter la relégation après un tel départ.
Coventry, le réveil brutal après 25 ans d’attente
Pour les Sky Blues, la désillusion est cuisante. Après 25 ans d’absence, leur retour en Premier League débutait par un 0-3 à Arsenal, puis une nouvelle défaite à domicile face à Hull. Une réalité qui a vite fait fondre l’euphorie des supporters. « Ce n’est pas un mauvais résultat pour nous », a relativisé McBurnie, lucide. Pourtant, Coventry a dominé la possession (près de 70 %), mais a été incapable de percer la défense des Tigers. L’entrée de Millar a tout changé : son but en fin de match a scellé un deuxième revers en deux journées.
Frank Lampard, leur entraîneur, a pointé du doigt un manque d’audace dans le jeu. « Je sens une certaine appréhension, une tendance à jouer trop sûr plutôt que vers l’avant. Peut-être de la nervosité », a-t-il analysé. « On ne peut pas utiliser l’excuse de la nouveauté aujourd’hui. Contre Hull, on les a battus deux fois en Championship l’an dernier. La Premier League, c’est différent, et il faut s’y faire vite. » Une défaite qui, selon Ashley Williams, ancien capitaine gallois promu avec Swansea en 2011, pourrait peser lourd sur le moral des siens. « Après deux défaites, tout devient plus difficile. Six points derrière Hull, c’est un vrai coup dur. Les doutes commencent à s’installer. »
Coventry peut se raccrocher à l’histoire : dix équipes promues ont perdu leurs deux premiers matchs avant de se sauver, dont Aston Villa en 2020. Mais le défi est immense. Leur buteur Haji Wright, blessé à la cuisse, sera absent plusieurs semaines. Et leur prochain déplacement à Manchester City s’annonce comme un test cruel. « La Premier League ne fait pas de cadeaux », a résumé Lampard. Les Tigers, eux, surfent sur leur rêve éveillé.




