Le syndicat des footballeurs professionnels anglais, le PFA, a lancé des procédures judiciaires contre la Ligue anglaise de football (EFL) concernant les modifications apportées aux règles de plafond salarial en League One.
En mai 2025, l’EFL a annoncé le remplacement du cadre financier de rentabilité et de durabilité (P&S) par de nouvelles règles de coût des effectifs (SCR), applicables dès la saison 2026-2027. En League One, ces changements réduisent la part du chiffre d’affaires que les clubs peuvent consacrer aux salaires des joueurs, passant de 60 % à 50 %. Pour les équipes reléguées de Championship, la limite est fixée à 65 % de leur chiffre d’affaires la première saison en troisième division, contre 75 % auparavant.
Le nouveau cadre intègre désormais la rémunération des entraîneurs et limite à 50 % la part des injections de fonds des propriétaires pouvant être allouée aux salaires. Dans un communiqué publié mardi, l’EFL a exprimé sa « préoccupation et sa déception » face à la démarche du PFA, estimant que ces nouvelles règles ne constituent « pas un changement majeur » affectant les conditions d’emploi des joueurs. « Elles visent à soutenir un contrôle responsable des coûts et à améliorer la durabilité financière des clubs de League One », précise le texte. « Il ne s’agit pas de porter atteinte aux intérêts des joueurs, mais de créer un environnement stable permettant aux clubs de remplir leurs obligations et de continuer à investir dans le football. »
Un désaccord sur la procédure
Le PFA, qui représente les footballeurs professionnels, conteste la mise en œuvre de ces changements, arguant que l’EFL ne peut appliquer ces nouvelles mesures « sans accord complet » avec le Comité consultatif et de négociation du football (PFNCC). Dans un communiqué, le syndicat explique : « Nous estimons que le processus par lequel les clubs ont voté pour instaurer ces nouvelles mesures, qui restreindront artificiellement les dépenses des clubs en salaires de joueurs, ne respecte pas la consultation et l’accord requis par les membres de l’EFL (aux côtés du PFA, de la FA et de la Premier League) au sein du PFNCC. »
L’EFL a rétorqué qu’elle « ne partage pas l’avis du PFA » sur ce point. Une proposition précédente de plafonds salariaux en League One et League Two, fixés respectivement à 2,5 millions de livres et 1,25 million de livres, avait été abandonnée en 2021 après une décision d’un tribunal arbitral indépendant. Ce dernier avait donné raison au PFA, estimant que ces plafonds étaient « illégaux et inapplicables ».
Oxford United bloqué par les nouvelles règles
Le club d’Oxford United, évoluant en League One, a été placé sous embargo temporaire de transferts le mois dernier pour non-respect des nouvelles règles. Le club ne peut plus recruter de joueurs, y compris en prêt ou en transfert libre, et a indiqué qu’il faudrait plusieurs mois pour se conformer à ces obligations. Selon BBC Radio Oxford, Oxford United prend le temps d’évaluer les conséquences de l’action en justice du PFA et n’a pas encore réagi publiquement.
Cette affaire survient alors que le football anglais fait face à des tensions croissantes autour de la gestion financière des clubs, notamment dans les divisions inférieures. Les syndicats et les instances dirigeantes s’opposent régulièrement sur les modalités de régulation, comme en témoigne le parcours controversé de Gianni Infantino à la tête de la FIFA, où les questions de transparence et de contrôle des dépenses ont été au cœur de débats. Par ailleurs, l’organisation d’une Coupe du Monde à 48 équipes, comme celle prévue en 2026, pousse les compétitions à leurs limites, comme l’illustre un récent article sur les excès engendrés par l’événement.




