West Ham a lancé sa campagne en Championship avec l’ambition de rebondir après une saison 2024-2025 catastrophique. Nuno Espírito Santo et ses hommes ont terminé le championnat à la 18e place, mettant fin à un séjour de 14 ans dans l’élite. Une période marquée par des hauts et des bas, entre qualifications européennes et luttes pour le maintien. Pourtant, malgré des dépenses élevées sur le marché des transferts, le club peine à construire un effectif équilibré, selon un ancien joueur emblématique.
Un recrutement réactif, pas stratégique
Tony Gale, ex-défenseur des Hammers, pointe du doigt l’absence de vision à long terme dans la politique de recrutement du club. Pour lui, West Ham a toujours privilégié l’urgence à la planification, accumulant des joueurs sans cohérence. « Fulham a une stratégie d’achat bien plus efficace que la nôtre », assène-t-il. « Elle vise à construire un effectif équilibré, avec une bonne valeur de revente pour les joueurs. » Une approche qui a permis aux Cottagers de s’installer durablement en milieu de tableau après leur montée en Premier League en 2022, avec quatre saisons consécutives dans le top 15 (10e, 13e, 11e et 11e).
Gale déplore un manque criant de préparation en amont : « West Ham semble avoir été plus réactif que proactif sur le marché des transferts, agissant uniquement quand une faiblesse est exposée. » Une gestion qui contraste avec les standards actuels, où la capacité à former des joueurs et à maximiser leur valeur marchande est devenue cruciale.
La valse des décideurs, poison du club
Le problème, selon Gale, trouve sa source dans l’instabilité chronique des postes clés. « Qui gère réellement les recrutements ? Un agent appelle et vous vend son joueur. Or, chaque agent fait de même. » Une rotation permanente des directeurs sportifs et des responsables des transferts a empêché toute continuité, transformant le processus en une série de décisions improvisées. « Il y a eu un renouvellement constant des directeurs de football et des recruteurs », rappelle-t-il. Résultat : une incapacité à bâtir une politique durable, où chaque nouveau responsable impose sa propre logique.
Gale cite en exemple les signatures coûteuses comme Matheus Fernandes, acheté 40 millions de livres en 2025 à Southampton, ou Sébastien Haller, recruté pour 45 millions en 2019. Des investissements lourds, mais rarement assortis d’une réflexion globale sur l’avenir du club. « West Ham a souvent eu les pantalons baissés », résume-t-il, reprenant une formule attribuée à Harry Redknapp, légende du club. Une métaphore pour illustrer une vulnérabilité chronique Manchester City : de la peur à la révolte, comment les supporters vivent l'incertitude">Manchester City face aux sanctions avant le PSG : Nasri défend ses titres">face aux agents et aux sollicitations du marché.
Fulham, miroir des échecs des Hammers
Alors que West Ham s’enfonce dans une logique de dépenses ponctuelles et de résultats immédiats, Fulham a su, selon Gale, construire un modèle plus pérenne. « Leur approche repose sur la revente intelligente et le développement de talents », explique-t-il. Une stratégie qui a porté ses fruits, transformant un promu en une équipe stable, capable de rivaliser avec des clubs bien plus huppés. À l’inverse, les Hammers, malgré leur pedigree historique, peinent à se relever de leur relégation, piégés par des choix à court terme.
Nuno Espírito Santo, de retour aux commandes, devra trouver une issue à cette impasse. Mais pour Gale, la solution passe d’abord par une remise en question radicale : « Il faut arrêter de courir après les joueurs et commencer à construire un projet. » Une équation complexe dans un football où l’urgence prime souvent sur la réflexion.




